Photo: Patrick Wecksteen www.wecksteen.fr
I
J’aime le cri du corps, le soir au fond de toi,
Soit qu’il hurle à l’envie, à travers ton émoi,
Ou appellent au plaisir, que le désir suscite
Et que la fantaisie, joue à la réussite.
II
Que de fois, extasié, au milieu de la nuit,
J’ai aimé l’écouter, toujours si réjoui,
Car je pensais saisir, de cette volupté,
Tous les non dits cachés de la complicité.
III
Ô douceur de tes mains ! Ô bouche trop gourmande,
Frissons dessus ta peau, donnés là en offrande,
Ebats qui évoquez, l’attrait et les délices,
Oublis, bienfaits, bonheurs, sur fond de précipice.
IV
Mignardise d’extase, cajolerie lascive
Que ton tempérament amplifie en chaux vive,
C’est là qu’on doit toucher, c’est là qu’on doit goûter,
A la douceur du corps et sa félicité.
V
D’alliciants stimulus, sur ta poitrine offerte
Font geindre quelques mots de ta bouche entrouverte
Et l’ivresse gémine en un vaste vertige,
Emportant nos raisons dans d’étranges voltiges.
VI
A outrance de transes, ressens-tu là encore,
Ce qui là dans les airs fait flotter nos deux corps,
Aphrodite, Astarté, là, dans ta nudité,
Tu unis mon céleste à ton éternité !
VII
Et quand de faire, las, après l’anagogie,
On découvre du corps, toute cette magie,
On pense de la vie qu’elle n’a pour raison,
Des sens et de l’amour, qu’en faire l’oraison.
VIII
Tous les bruits se sont tus, dans le lit le torrent
S’écoule doucement, les corps tout transpirants
Se sont mis au repos, sachant que tout à l’heure,
D’une nouvelle envie, reviendra le bonheur !
Moietmoi août 2011