Même à bien le comprendre et même à l’approuver,
Il n’y a, il est vrai, à garder ses idées,
Que les cons, dit la fable, et là vous le prouvez ;
Choisir un condamné, vous l’avez décidé,
Quand voilà quelques jours vous vous l’interdisiez,
Ce n’est pas un reproche, on comprend votre choix,
Mais vous nous montrez là, que ce que vous disiez,
Au nom de la vertu, n’était bien que de bois,
La langue de vos pairs, celle de l’échiquier,
Où tous les mots s’envolent, en tête de gondoles,
Des slogans, des formules aux sons de boutiquiers
Pour gagner quelques voix, aux limites du dol !
Vous avez toujours su que toutes vos promesses,
Ne résisteraient pas aux clameurs du marché ;
Fallait-il que Paris, valle bien cette messe,
Pour que de votre honneur, ainsi vous l’écorchez.
Et quand là, dès demain, à grands coups de burettes,
Au nom de la nation, vous lèverez l’impôt,
En disant que l’Europe, oblige pour la dette,
Vous aurez bien du mal, à donner le tempo.
Et quand, vous pas à dextre, vous serez celui qui
Reviendra tout penaud sur les lois du travail,
Nous donnant l’acte 3 de votre Kabuki,
Le peuple aura compris ce qu’est votre tramail.
A voir vos électeurs, comme de jolies blondes,
A croire qu’on pourra, les peindre de farine,
De la démocratie, vous amenez là l’onde
En préparant le choc, des gars de la marine.
En agissant ainsi, ne soyez pas surpris,
Si d’ici quelque temps, dans le plus grand chaos
Vous plongez le pays, en exigeant un prix
Qui demain tout debout le laissera K.O !
Si la victoire est belle, on dit bien que le soir
Du jour d’après bataille, à ramasser les morts,
On mesure le coût de son vouloir de gloire,
Mais c’est vrai qu’à l'Ecole on prépare aux remords.
Ceux qui vous auront cru, risquent d’être déçus
Pas de nous obliger à sortir du cocon,
Aux rigueurs du moment, nous l’avons toujours su,
Mais bien de nous avoir, pris pas mal pour des cons !
Voilà bien le mépris, qu’on nous aura appris !
mai 2012