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Le blog de Gabriel
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Apologie d'hier.

Apologie d'hier.

 

 dali-egg1

 Pmecanoblog.files.wordpress.com/.../ dali-egg1.jpghoto:     

 Je regardais, juché sur mes années d’hier,

Les couleurs de l’été et celles de l’hiver,

Je les trouvais plus pâles et je les sentais moins,

Embellir mon jardin et donner à ses fleurs

Ces contrastes si beaux, pleins de froid, de chaleur,

Qui de tous mes repères en étaient les témoins.

 

Parfois je me disais que le passé nous ment,

Des cendres ne pouvant pas venir le ciment

Qui scellent nos annales au profond de nos cœurs,

Les figeant à jamais en des statues de marbre

Pour pousser tout en nous, comme racines d’arbres

Véhiculant nos joies, nos peines et nos rancœurs.

 

Néanmoins dans ce sens, pris dans leur amertume,

J’entendais les romains, de leurs instants anthumes

Regretter vivement les  us de ces moments,

Pour ne voir en demain que des bandes de huns,

Donner à leur déclin un bien mauvais parfum

Et préférer jadis à ces temps incléments.

 

Je prenais du recul, l’angoisse au fond des yeux

Quand vint à mon secours  un lutin malicieux,

Me racontant l’histoire sous un autre tempo

Me rappelant l’automne et ses matins chagrins,

Ses froideurs de novembre et ses grands coups de grains,

Mettant à nos portées le même da capo !

 

Oui c’est vrai me disais je, le passé se déforme

Et on endort les moins aux vapeurs chloroformes,

Ne gardant que les plus et leurs charriots d’éclats,

Pour tirer le rideau sur tous nos jours de peine ;

En amendant le sang qui coule dans nos veines,

Le cœur donne à nos heures, l’heur de voir au-delà.

 

Il est ainsi des gens, qui au milieu des flots,

Se croient marcher debout au dur d’un   tombolo,

Oubliant le néant des abîmes de mer

Où disparaissent au fond, les vues de leurs naufrages,

Pensant que du grand livre, en en tournant les pages,

On en oublie les affres et leurs larmes amères.

 

O triste  duperie, ne tirant que sourire,

Te voulant  de masquer, de la vie tout le pire,

Je te vois en onguent, à calmer nos douleurs,

Tant il est vrai, ma fois, qu’à tourner le couteau

Dans des blessures ouvertes, on a du concerto,

Que l’ultime rondo au thème du malheur.

 

Aussi, pour éviter ces vers trop délétères,

Qui font que nos poèmes exhalent trop la terre,

On cache sous le voile, aux lueurs du cristal,

Toutes les tragédies qui jalonnent nos vies,

S’imaginant ainsi, troquer nos exuvies,

Pour ne plus craindre Dieu et son sacramental.

 

Et si je ne voyais, moi aussi que l’obscur,

Qui couvre le présent, et grime le futur,

Me réfugiant pour ça, aux sentes du passé,

Celles qui sans ornières et sans décrochement,

Ne donnent à mes récits que de beaux arguments,

Je saurais de mon temps, qu’il en est bien assez ;

 

Le flou, brouillard crémeux, édulcorant les sites,

Les saupoudrant du blanc qui glaçait les tillites,

Les faisant ressembler à ces vallées sans fond

Où tout est identiques et où tous leurs matins,

Ont le beau et le froid des bancs de travertin

Et des dalles de pierre ou l’envie se morfond.

 

Et ce n’est rien qu’au soir de notre belle histoire,

Qu’on comprend le pourquoi de tous ces exutoires,

Où l’on tait, des jours blets, les avaries du vent,

Pour se baigner dans l’eau des mers de nostalgie,

En croyant de l’ancien faire l’apologie,

Quand on a du plus tard que nos craintes d’avant !

 

Moietmoi décembre 2010