Je ris de tous ces vieux, qui te vantent leur sort
Du temps de la retraite avec tant de ferveur,
Voulant te faire croire à leur prise d’essor
Dès ce jour où ils ont délaissé leur labeur.
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Cherchant à se convaincre, eux, avant tout, tout seul,
Se voulant en vacances, ils te surjouent la scène,
En sachant que par-là, c’est bien vers le linceul
Qu’ils comptent les minutes où là elles s’égrènent.
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C’est que lorsque tu troques ta fiche de salaire
Contre un droit à pension, tu es mis dans la file,
Où se trouvent tous ceux aux jours crépusculaires
Et qui pour l’au-delà ont déjà le profil.
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Qu’on se le dise bien, l’âge de thébaïde,
Loin d’un fleuve tranquille est un marais vaseux,
Où tu te décomposes à l’érosion du vide,
Tant tu n’es plus en forme pour apprécier ses jeux.
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Car tu sens les matins, d’hier les courbatures,
Où mettre tes chaussettes est un chemin de croix
Et où tes rhumatismes abrégeant tes postures,
Te plongent chaque soir dans un grand désarroi.
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C’est aussi un moment, où tu ne vois plus bien,
Où de l’aide il t’en faut afin de mieux entendre,
Et où chez le dentiste, on y va ô combien
Tant tu ne peux manger rien que des choses tendres.
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Que dire également de ta compréhension,
Où chaque jour qui passe accentue son déclin,
En mettant ton cerveau au mode régression,
Pour ce sale Alzheimer en être le tremplin.
*
Quant à parler de sexe, il vaut mieux l’oublier,
Tant plus rien ne fonctionne aux soins sans assistance
Et où il est si dur là de se déplier
Que tu as bien du mal à tenir la distance.
*
Alors toi qui attend ce moment comme un rêve
En voyant cette étape, avec des yeux d’envie,
Arrête de jouer à tous ces bons élèves
Qui croient à leurs sornettes avec cet air ravi.
*
La retraite est un leurre, une jolie carotte
Qu’on met devant ton nez pour te faire avancer,
Ne sois pas impatient d’y garer ta roulotte,
Tant tu auras du mal dès demain d’avancer.
*
Profite de ce temps où c’est plein de projets
Que tu vois l’avenir et où de tes vacances,
Les sachant éphémères elles font bien l’objet
De tout ton intérêt, tant t’en sens les nuances,
*
Ne sois pas si pressé d’atteindre cette Olympe,
Car c’est le dernier sas avant que tu n’y grimpes !
Février 2025