La soumission rend les gens bêtes,
Regardez, les allemands, hier,
Qui dès qu’on leur a pris la tête,
Ont zappé toutes leurs prières.
*
Comment des gens si raffinés
Avec une telle culture,
Ont à ce point manqué de nez,
Pour croire en cette dictature ?
*
A moins d’un siècle d’intervalle,
Nous devenons presqu’aussi con,
Ne voyant rien du festival
Qu’on nous prépare à l’Hélicon.
*
Et comme hier à Nuremberg
Avec du pain et des grands jeux
On nous éteint les réverbères
Qui de l’esprit sont les enjeux.
*
Dissous dans l’onde de l’Europe,
Le français devient ce teuton
Qui au salut d’un misanthrope
S’était transformé en mouton.
*
Sans mirador, ni barbelé,
Juste à la force de l’image,
Ils nous font nous agenouiller,
Nous modifiant tous nos usages.
*
Et comme ceux-là d’outre Rhin,
Nous refusons même de croire,
Que ce qu’ils nous vendent en écrin
N’est rien qu’illusions d’enfumoir.
*
Nous allons tous à petits pas
Vers ce jadis, remis à jour
Qui fonctionnait au même appât,
Mais qu’on aura là pour toujours.
*
Et c’est dans des autodafés
Qu’ils font brûler nos libertés,
Riant qu’on peut se réchauffer
Au moins de cette incongruité,
*
Tant pour eux cette privauté,
N’était rien qu’un compo d’été.
Septembre 2024