Moi j’ai écrit sur tout,
Mais j’ai surtout écrit,
Tels ceux plein de tatous
Qui font ça comme un cri.
*
J’ai utilisé l’encre,
Pour bien montrer l’amer,
Sans jamais jeter l’ancre
Comme ces chalutières,
Qui écument les fonds,
Sans voir la différence
Entre bas et hautfonds,
Tant j’avais d’impatience.
*
J’ai créé par colère
Pour dénoncer ce temps,
Qui sans en avoir l’air
A tué le printemps,
L’été et puis l’automne,
Ne gardant que l’hiver
A rendre monotone
Tous le sens de mes vers.
*
J’ai même rabâché,
Disant toujours pareil
Ne voulant pas cacher
L’horreur de l’appareil.
J’ai fait de mes poèmes
Un de ces opiacées,
Qu’on prend pour des problèmes
Qui n’ont pas d’énoncé.
*
J’ai, montré des coupables
planqués sous des décors,
Des gens bien respectables
Qui volent à bras le corps,
Croqué l’incompétent,
Qui là avec la science
Utilise le temps
Au but de la finance.
*
J’ai décrit le menteur
Criant démocratie,
Mais qui est bien l’auteur
De cette autocratie.
Et j’ai montré du doigt
Ces apprentis sorciers
Qui ont ouvert la voie
Au temps sans nuancier.
*
Mais tout ça sans succès,
Pissant dans un violon
Comme si ces excès,
N’étaient que sanglots longs,
*
Comme si mes poèmes
N’étaient rien qu’un glossème…
Septembre 2024