Toi, qui n’as plus droit à l’amour,
Qui ne te sent plus désirée,
A qui aucun depuis des jours,
T’a un je t’aime murmuré.
*
Toi qui te dis que c’est foutu,
Que t’as fini ta vie de femme,
Que plus jamais quel qu’impromptu,
Fera qu’encore tu te pâmes.
*
Toi qui voudrais, rien qu’une fois
Encore avoir des papillons
Par-là, te donner de l’émoi,
Te jetant dans un tourbillon.
*
Toi dont les seins abandonnés,
Depuis longtemps n’ont pas senti
Des lèvres s’y réabonner
Pour une faveur garantie.
*
Toi qui te sens devenir sèche
De voir ton mari s’endormir,
Le soir revenant de la pêche,
Quand hier il te faisait gémir.
*
Toi que la mort t’a séparée
Des bras de ton mode d’emploi,
Te laissant là désemparée,
Seule avec tes envies de soie.
Toi qui ce matin dans la glace,
Nue, contemplant tout ce gâchis,
Se disait qu’il n’est pas de nasse,
Dont on ne peut s’être affranchie.
*
Toi qui viens de réaliser,
Ce que dit des roses un poète :
Que savoir se ronsardiser,
Peut pour toi être bien la fête.
*
Alors oublie la moraline
Et vite un peu d’adrénaline !
Août 2022