Imaginez que le mensonge
Ait complètement disparu
De nos palais et de nos rues
N’étant même plus dans nos songes.
*
Que deviendraient tous ces amants
Tous obligés de raconter !
Les voyez-vous ces éhontés,
A expliquer tous leurs tourments.
*
Comment grandiraient nos gamins
A n’avoir plus rien à cacher,
Comment iraient-ils dénicher
Tous les plaisirs de leur chemin ?
*
Nos élus seraient-ils élus
En nous disant la vérité,
Ne nous promettant plus l’été,
Quand du soleil ils n’en ont plus.
*
Que ferait alors le dentiste
S’il ne pouvait plus nous mentir,
Nous disant qu’on va bien souffrir,
Qu’il nous prend pas à l’improviste ;
*
Qu’exhorteraient nos religieux,
Pour nous faire croire en leurs dieux,
Sachant bien que c’est insidieux
Tous ces crédos si litigieux ;
*
Mais comment donc nos historiens
Commenteraient-ils notre Histoire
En respectant le répertoire
Et sans jamais omettre rien ?
*
Et que serait la poésie ?
Si on ne trouvait plus de fable
Ni de fiction là sous la table
Pleins de vers remplis d’ecstasy.
*
En tant que vrai catalyseur,
Le faux est à notre culture
Ce qu’au confort de la voiture
Sont vraiment les amortisseurs,
*
Voyez vous donc ces rues détruites,
A n’être pas un peu jésuites !
Novembre 2019