On vous prend et on vous susurre,
Comme à toutes ces filles de joie,
Qui ne croient plus aux flétrissures,
Ni de l’écrit, ni de la voix.
A raconter n’importe quoi,
On vous met à toutes les sauces,
A nous laisser souvent bien coi
De tant de compréhension fausse,
Parfois même on vous déshabille,
Vous exploitant à contre sens,
En vous traitant comme ces filles,
Aux limites de l’indécence.
On vous prend parfois pour un autre,
Dévoilant de nos profondeurs,
Nos mobiles de faux-apôtres,
Peints aux couleurs de la pudeur.
On vous épelle, on vous choisit,
On vous martèle, on vous galvaude,
On vous met dans nos poésies,
Dans les épodes de nos odes,
On joue avec vous, on vous mâche,
On vous invente et on vous liste,
On vous chuchote et on vous lâche,
En un tout dernier tour de piste.
On vous remplace sans rien dire,
On parle de vous à couvert,
On tente de vous définir,
Tant vous pesez dans tous nos vers.
On vous comprend, juste à demi
Et quand vous savez être tendres,
Nous apprécions bien l’eurythmie,
Que vous savez nous faire entendre.
En vous ignorant, on consent
Et on vous murmure à l’oreille,
Qu’en vous, mais aussi, comme en cent,
Chacun de vous est sans pareil.
Et si demain, je pars sans vous,
Pour tenter d’oublier mes maux,
Sachez qu’aucun de vous, tabous,
Se payera de moi, de mots…
avril 2014