On cultive les paradoxes,
Au seul falun de l’évidence,
Alors que tout est orthodoxe,
Au grand jardin de tous les sens.
On sème encore de l’oxymore,
Dans les champs de la poésie,
Sans que ça donne des remords,
A ceux qui souffrent d’esthésie.
On récolte des antithèses,
Dans les courtils de nos quintiles,
Quand ce ne sont que des prothèses,
Pour fausser un peu plus le deal.
Et on bine de l’hypallage,
Dans tous nos massifs d’ancolies,
Pour aérer ce qu’avec l’âge,
Fait pousser la mélancolie.
On fertilise de contraires
La terre où pousseront nos vers,
En sachant que sont arbitraires,
Toutes les lois de l’univers.
On arrache des antonymes
Des semis de nos rotrouenges,
Simplement par soucis de rimes,
Sans trouver cela trop étrange.
Et même dans l’antinomique,
On voudrait bien cueillir des fleurs,
Mais il est vrai que du distique,
On n’en mesure pas l’ampleur.
A penser que dans nos poèmes,
En arrosant d’opposition,
On ira trouver le saint Chrême,
Pour obtenir l’absolution…
Sans voir que tous ces oripeaux,
Ne sont que des épouvantails,
Pour forcer les petits oiseaux,
A ne pas franchir le portail…
décembre 2013