Finir chez ceux comme ORPEA,
Dans un mouroir même étoilé,
C’est loin de te laisser béat
Et de courir pour y aller !
*
Te retrouver demain là-haut,
Au milieu de tous ces vieillards,
C’est pourtant bien là le cadeau,
Qu’on va t’offrir pour ton départ.
*
Te retrouver à la cantine
Comme quand tu allais à l’école,
En t’imposant une routine
Aux galères des protocoles.
*
Au moins douze fois dans le mois,
Chercher à gagner au loto,
Avec il est vrai quelques fois,
L’accordéon en concerto.
*
Te planter devant la TV
Et n’y comprendre plus grand-chose
Pour voir le diner arriver
Tel un moment d’apothéose.
*
Et chaque soir mettre une couche,
Dès fois que tu t’oublies la nuit
Et accepter que sous la douche,
On te lave le zigouigoui.
*
Attendre d’avoir, mais en vain,
La visite de ta famille,
Quand sans être même devin
Tu sais que c’est toujours demain !
*
N’avoir plus pour tout univers
Que quatre murs et un plafond
Sachant bien qu’après ton hiver
Tu ne verras pas ce qui fond.
*
Alors ne vaudrait-il pas mieux,
Être forfait pour cette étape,
En faisant à tous tes adieux,
Avant que tout ça te rattrape.
*
Vite partir avant tout ça
Sans y aller à Canossa !
Avril 2025