Passée la cinquantaine, il n’est pas une femme
Qui voit avec horreur l’aiguille de son horloge,
S’enfiévrer jusqu’au point d’estourbir le sésame
Qui lui ouvrait les portes aux milles et un éloges.
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Passée la soixantaine, aux chefs d’œuvres en péril
Suit ce ravalement, qui pour le collagène,
Va mettre sur le pont tous ces us mercantiles,
Se voulant pour la peau son ballon d’oxygène.
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C’est donc à coups de crèmes, acides et exfoliants
Qu’on traitera l’oubli de ces eaux de jouvence
Où on dit que Junon, trouvant ça vivifiant
S’y baignait tous les ans pour gommer ses carences.
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Alors c’est la ruée sur ces hyaluroniques,
Sur ces nouveaux peptides et autres rétinols,
C’est le marché du siècle pour cette cosmétique
Qui promet à vos rides une vraie carmagnole.
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Ce jour, on ne doit plus voir les affres du temps
Gercer votre visage, en un bon coup de vieux
Et vous en faire prendre un peu plus de vingt ans,
En vous ouvrant des poches, en dessous de vos yeux.
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Vieillir n’est plus admis, jeune il faut le rester,
C’est un impératif, une nécessité,
Tant il faudrait pour ça, un éternel été,
Afin de conserver toutes nos qualités.
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Quand on sait ça pourtant, qu’il suffit d’un amant
Pour retrouver la vie que donne l’ambroisie,
Pourquoi avec ces crèmes et tous leurs boniments,
Ne pas vouloir ailleurs trouver sa poésie,
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Tant il n’est rien de tel pour se croire immortel !
Février2025