On en n’aurait tellement moins,
Qu’il nous faut de l’artificielle,
Ici nous sommes les témoins
De ce temps si superficiel.
*
C’est que de cette intelligence
Qui accélère notre fin,
Ces niais, en en faisant l’urgence,
N’en sont déjà plus aux confins.
*
Car ils sont en compétition
A voir qui aura la plus grande
Et peu importe l’addition,
Tant c’est le fric, -là qui commande !
*
On n’est plus à l’âge du fer
Ou celui de l’imprimerie,
Ce qu’ils préparent c’est bien l’Enfer,
Sans passer par l’infirmerie !
*
Ce n’est pas du moine copiste
Ou de l’ouvrier agricole
Qu’ils sont en train de mettre hors-piste,
Mais bien le travail qu’on immole !
*
Précipiter ainsi l’IA,
C’est fabriquer le bouton rouge
Qui nous fera cette razzia
Qu’on ne voit que par l’infrarouge.
*
C’est fabriquer des inutiles
Qu’il faudra demain liquider,
Cherchant dans le cadre quantile
Un génocide bien fondé.
*
C’est inventer un autre humain
Pour remplacer l’homo sapiens,
C’est lui passer déjà la main
En éradiquant la sapience.
*
C’est se prendre pour le bon Dieu
Pour recréer Adam et Eve,
Ne plus avoir peur que les cieux,
Nous tombent dessus, même en rêves ;
*
C’est dépareiller de mille ans
Le temps de notre humanité,
Quand en étant un peu plus lent
De siècles on aurait hérité,
*
C’est de la vie, l’apothéose
D’un monde qui manque de gnose…
Février 2025