On le sait tous, que ça arrive,
Ces temps où on n’a plus envie
D’aller trouver sur l’autre rive,
Ce qui nous conservait en vie.
*
On le sent venir ce moment,
Tant il se pointe à petits pas,
Mais sans le moindre atermoiement,
Pour te préparer au trépas.
*
Tout d’abord il t’envoie des signes,
Pour bien t’indiquer que ça vient
Et pour ne pas que tu trépignes,
Il te dit que c’est pour ton bien !
*
Ce n’est donc jamais sans surprise
Qu’il te fait perdre tes moyens,
Arrangeant bien ce lâcher prise,
Faisant de toi, pas un doyen.
*
Il touche d’abord à ton corps,
Te donnant mal un peu partout,
En détendant tous les ressorts
Qui te faisaient tenir debout.
*
Ensuite il s’en prend à ta tête,
Ramollissant ton gros cerveau,
Détruisant ton goût pour la fête
Et ton besoin de renouveau.
*
Il supprime aussi tes projets,
Ne te donnant plus goût à rien,
Mettant la mention : « sans objet »
A tout ce qui dès demain vient.
*
Il touche même à ton corps d’homme,
Refaisant de toi un gamin
Qui ne voit plus que dans la pomme
Se trouvait un si beau chemin.
*
Et c’est sans une réaction
Que tu assistes à ce naufrage,
Pensant que c’est la condition,
Pour ce bonheur d’avoir de l’âge.
*
En te mettant dans ces grands sages
Allant jusqu’au bout du voyage,
*
Quand ce n’est que le trop perçu
De ses excès d’idées reçues !
Septembre 2024