Quand demain tes gosses et leurs fils
Voudront savoir où tu étais,
Quand on a tout pillé jadis,
Répondras tu : je m’en foutais !
*
Crois tu qu’ils seront fiers de toi
Quand ils sauront qu’en bon mouton
Tu as laissé faire ces lois
Qui les a mis dans ces prisons ?
*
Que seras tu dans leur mémoire,
Alors que tu as laissé faire,
Sans intervenir sur l’Histoire,
Disant : Ce n’est pas mon affaire !
*
Et quand là pour te justifier,
Avançant : qu’ils s’adapteront !
Tu les auras tous horrifiés
En montrant ton côté poltron.
*
Comment crois tu qu’ils te verront
Et comment te jugeront-ils
Toi qui n’auras fait que des ronds
Dans l’eau, de façon inutile ?
*
C’est vrai demain, n’étant plus là,
Tu ne pourras plus les entendre
Et là-haut dans ton Walhalla
Pas un n’en voudra à tes cendres ;
*
Tu ne seras donc pas surpris,
Si alors tous tes descendants,
N’auront pour toi que du mépris
D’avoir jamais vu l’évident,
*
Et de n’avoir jamais osé
Défendre un peu de ce futur
Auquel ils sont là exposés
Aux couleurs de la dictature,
*
Car tu n’auras rien vu venir
En leur gâchant leur avenir.
Septembre 2024