Sur la scène éculée de cette comédie,
Entre l’horreur fictive et l’étonnement feint,
Se joue depuis hier soir une vraie tragédie :
Hitler est revenu! Ce n’était pas sa fin.
*
Alors dès ce matin aux ruines d’Oradour,
On rappelle ce temps de l’inhumanité,
En faisant pérorer trouvères et troubadours,
Sur les risques liés à notre liberté.
*
Une nouvelle fois, pour en faire un exemple,
On reprend des otages, enfants vieillards et femmes,
Tous en les enfermant dans les travées du temple
Pour les remassacrer en leur volant leur âme.
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Hormis la cruauté, le fond est identique,
On se sert de l’humain pour atteindre son but,
En changeant les paroles et aussi la musique,
Mais en cherchant toujours un peu la même chute.
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En refaisant la guerre avec bien d’autres mots,
On ne fait pas la paix, on souffle sur les braises,
La flamme la couvant aux souvenirs des maux
Afin que Némésis, au grand jamais se taise.
*
Ce n’est que dans l’oubli qu’on peut croire au pardon,
Le temps restant toujours le bon épulotique,
Pour les lois du talion en marquer l’abandon
Et vers une autre époque en trouver l’antalgique.
*
Le devoir de mémoire est juste le prétexte
Pour ne jamais fermer ce livre de l’effroi
Afin d’en conserver toute l’encre du texte
Et donner à certains des statures de roi.
*
Et à ces attentistes aux attentes rentables,
Laissons les dans la plaie manipuler la lame
Pour se faire des jours toujours plus profitables
Quitte à régénérer un peu partout les larmes.
*
Se servant du passé pour se faire mousser.
Juin 2024