Qu’écrirait Jean de La Fontaine,
S’il nous revenait aujourd’hui,
De cette ère bien incertaine ?
Serait-il hagard ou séduit ?
*
Sur quoi porteraient donc ses fables,
Que choisirait-il comme bêtes ?
Tant il y a de terres arables
Dans tout ce ressort centripète.
*
Le loup, certain, il croquerait,
Le mettant avec les moutons
Desquels, sur, il se moquerait
Ne les voyant plus qu’en jeton.
*
Il nous remettrait le renard,
Mystifiant ce bon vieux corbeau,
Montrant comment ce charognard,
Va l’envoyer vite au tombeau.
*
Et sans pari, des financiers,
Il désignerait les cocus
Tant est ici des savetiers
A tendre leurs joues et leur cul.
*
Il fustigerait notre dette,
Nous rappelant notre cigale,
Qui de la fourmi sa cadette
Lui a joué son madrigal.
*
Aucune erreur pour la grenouille,
Il saurait de suite qui c’est
Car du bœuf qui n’a pas de couille,
Il diagnostiquerait l’abcès.
*
Il rirait bien de la laitière,
Qui rêve de son pot au lait,
Mais qui manquant trop de matière,
Finira d’un coup de balai.
*
Jean se serait tôt rendu compte,
Qu’entre aujourd’hui et son Louis,
Ce sont toujours les mêmes contes
Qui tournent sans fin en cambouis,
*
En donnant à tous les poètes,
De quoi ainsi faire la fête !
Avril 2024