Plus tu vieillis, tous tes poèmes
Sont pareils à ta libido
A tenter d’écrire je t’aime
Sans plus y voir l’Eldorado.
*
Mes mots n’ont plus le même allant,
Froides sont mes allégories,
Simples tropes pour cerveau lent
Sentant déjà la pénurie.
*
Mes rimes affichent des carences
Où s’écoute le poids de l’âge,
Souvent rien que des assonances
Assemblées pour de l’ajustage.
*
Finis dès lors l’alexandrin,
Pour des vers de moins de syllabes,
Tant devenu ce vieux flandrin,
Défaille trop ton astrolabe.
*
Quant à ma pauvre prosodie,
Maintenant privée d’émotion,
Elle se veut en parodie
D’un temps où régnait la passion.
*
La poésie comme l’amour,
Ne gagne rien au temps qui passe
Et si l’envie est là, toujours,
C’est bien souvent plus le Parnasse,
*
Tant en doyen, sont tes moyens !
Février 2023