Au nom de quel principe aurions-nous donc le droit,
De condamner quelqu’un à la simple intention,
Prétextant qu’il pourrait demain au même endroit,
Refaire ce qu’ont fait d’autres générations ?
*
Ne serait-ce pas là qu’un tout mauvais procès
Sur ce qui se pourrait, alors que nous serions,
Sans délit et sans fait, pour juger ces excès,
Envisageant le risque à la supposition.
*
Devrions nous punir par anticipation
Les fils de criminels, pour en porter le nom ?
Sont-ils aussi coupables à une présomption
D’être dans une chaine, un tout autre chainon ?
*
Mais alors pourquoi donc ces pauvres raccourcis
Si ce n’est de servir rien que d’épouvantail
Pour les disqualifier aux suspicions des si
En nous masquant la poutre cachée là sous la paille.
*
Méfions-nous de tous ceux qui exploitent la crainte,
Empêchant notre esprit d’essayer de comprendre,
Car c’est à parier que c’est là une feinte
Afin que par nous même on se fasse tous prendre ;
*
On ne se garde pas de ces trop gros appâts !
Avril 2022