A force de crier : qu’on me donne l’envie,
Ils m’en ont fourgué une aux couleurs des marchands,
Une faite de stuc, de paillettes et de chants,
En boucle à la télé tel un kit de survie !
*
Alors ce jour, je courre après des bouts d’images,
Des châteaux en Espagne, une plage à Hawaï,
Un vol, là-haut en first, un séjour à Shangaï,
Toutes ces utopies qui aujourd’hui font rage.
*
Ma pauvre et triste envie, ici préfabriquée
Aux lois du markéting, si bien bodybuildée,
C’est en subliminal, qu’on m’en fourre l’idée,
Tant mes velléités sont déjà confisquées.
*
Perdu dans ce brouillard de désirs et de fric,
La lime du progrès, usant ma libido,
Me trace des demains à la despérado,
N’ayant plus goût à rien dans ce mauvais topique.
*
Alors de cette envie dont j’aurais trop envie,
Je tente de l’avoir, mais c’est un horizon,
Qui plus j’avance part ! Donnant à ma raison
De quoi me lamenter de rêves inassouvis,
*
Tant on a fait de nous, ces zombis assistés
Ne sachant même plus ce qu’est la liberté !
Décembre 2020
Photo: Patrick Wecksteen modèles Carry et Deamon