Ton vieux mari, tu l’aimes encore, un peu, beaucoup,
Mais plus à la folie, le temps a tout terni,
N’est plus qu’un souvenir, ces nuits où tout à coup,
Du train-train de tes jours, tu criais ton déni.
*
C’est que tu les aimais ces nuits de trop d’envie,
Où tu te sentais femme, à perdre le sommeil ;
En oubliant le temps, tu pensais que ta vie
Cessait dès le matin quand sonnait ton réveil.
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Mais la vie est ainsi qui rouille avec le temps,
Emportant le désir aux portes de l’oubli,
Faisant qu’il n’est jamais d’immuable printemps
Et que même pour ça, rien ne reste établi.
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Ainsi de soirs en nuits est arrivée l’automne
Où ton corps a appris à se reposer sans,
Te privant du bonheur de l’horloge qui sonne,
Tant tout a été mis, aux abonnés absents.
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Et pourtant tout ton être, toujours là en demande,
A encore à l’esprit tous ces moments bénis,
S’interrogeant pourquoi, au lieu de cette offrande,
N’est plus là aujourd’hui, rien que cette agonie.
*
Alors ? Et si avant, pendant qu’il en est temps,
Tu te les rejouais ces chroniques d’hier,
En changeant simplement les bords de l’existant,
Abandonnant l’éthique et les bonnes manières.
*
Et que tu te faisais un beau jardin secret,
Plein de beaux souvenirs pour ton prochain hiver,
De quoi ne pas avoir ces si nombreux regrets,
Dont parlent les poètes en des milliers de vers,
*
Fais-toi ce gros plaisir avant que de vieillir !
Janvier 2020