N’est aucun séraphin, qui ne me tente pas,
Que ce soit ceux du ciel, ou bien ceux de l’enfer,
Chacun voulant de moi, que je suive leurs pas,
A me donner pour ça, de quoi me satisfaire.
Quand c’est l’ange déchu, il m’offre la luxure,
Flattant mes bas instincts, gonflant ma libido,
A transformer mes jours, en série d’aventures,
Caressant mon ego, à en faire un tondo !
Mais quand un chérubin m’envoie la tempérance
Faisant de la vertu, le meilleur de la vie
Ma morale me met au vœu de continence
Tant il me semble sain, de freiner mes envies
Je vais de l’un à l’autre, sans pouvoir séparer
Le bon grain de l’ivraie, la pureté, du plaisir ;
Je compte du temps court, tout ce qu’on peut gagner
A trop hypothéquer de demain l’avenir.
J’écoute le serpent quand il m’offre des pommes
Et je vais à confesse, en me voulant plus pur
De ces péchés véniels de ma pauvre vie d’homme,
Des fois que ce soit vrai qu’il y ait un futur!
Le mal me tente bien et le bien me fait mal,
Au point de ne plus voir ce qui est blanc ou noir
Dans ces êtres alifères du ciel paranormal,
Qui voudraient de ma vie me dicter le devoir !
Ma tentation est là, de tous les renvoyer,
A leur thaumaturgie de mystification,
Pour vider mon cerveau de ces tristes idées
Qu’on raconte aux enfants pour qu’ils fassent attention.
La tentation du diable est un mythe inventé,
Eve n’a pas d’Adam exigé de croquer
Dans le fruit défendu, il n’en faut pas douter,
C’est là une ânerie, pour nous intoxiquer,
*
Et que peintres et poètes, tous depuis, se la pètent,
Nous racontant des vannes, en nous voulant des ânes,
Avec pour objectif, qu’on se prenne la tête
Et que dans notre vie, on soit sous leurs arcanes,
*
En craignant des malheurs, qui ne sont que des leurres !
Septembre 2019
Illustration Iannis Nikou « the angel and the temptation »
Oil on canvas 2001 http://iannisnikou.com