C'est à la bicyclette ce qu'annuellement
est du côté de Cannes , un peu le cinéma,
un spectacle grandiose en grand cinérama
où l'effort est partout, tant jamais on se ment,
*
Trois mille kilomètres , à la simple pédale
des cols toujours plus hauts, des paysages fous,
des routes défoncées , des trous dont on se fout
des étapes incroyables,où on se fait la malle
*
Des côtes à vingt pour cent, des galères sans nom,
des bordures à la dure et des relais sans lai,
quelques échappées belles aux accords des délais
et puis la caravane à faire du pognon ,
*
Eté de parenthèse, aux bords de camping cars,
casquettes bariolées pour spectacle éphémère,
prisonniers d'enrobés au statut victimaire
bien conscients que là-haut, il n'y a pas d'oscar,
*
Fugitifs même vifs vus par le peloton
comme le petit leurre du chrono et de l'heure ,
avec bon de sortie , pour ton plus grand bonheur,
que si au classement , tu n'es rien qu'un piéton
Des couleurs de partout , du vert pour les sprinters
du « à pois » pour les côtes au tout blanc pour les mômes
et ce beau maillot jaune où se reconnaît l'homme
devant lesquels les autres ont des exploits de terre,
*
Quand cet extra terrestre à la main sur l'orchestre !
Juillet 2019