Si notre cœur, en ventricules
En a deux et deux oreillettes,
N’était-ce pas pour le calcul
Qui fait que tout est en doublette ?
*
Ce muscle parait assez grand
Pour aimer au moins deux personnes,
Sans que ce soit trop surprenant
Et que l’alerte au tocsin sonne.
*
Car il n’y a que les oiseaux,
Où là il semble si petit,
Que du chêne être le roseau
Demanderait plus d’appétit.
*
Mais dans le mien est tant de place,
Que même sans jamais se battre
On pourrait toujours faire face,
A au moins trois, voir aussi quatre.
*
Et ce n’est que la bienséance,
La morale et les préjugés
Qui me font manquer les séances
Me forçant à tout rejauger.
*
Mon palpitant à moitié vide,
Résonne un peu comme un tambour
Qui frapperait le génocide
De mes rencontres et mes amours.
*
Ne soyez donc pas trop surprises
De ne pas me voir m’arrêter,
J’ai toujours peur, que dans la prise,
Mes doigts fassent un jour tout sauter.
*
Alors toi qui, à toute seule
En occupe tous les étages,
Comprends-moi quand je fais la gueule
De me trouver beaucoup trop sage.
*
Et d’avoir un peu d’enthousiasme,
A m’illusionner de fantasmes…
Mai 2018