On vient de couper le dernier,
Le tout dernier de la forêt,
Afin que là sur du papier,
Je crie au feu dans mes sonnets.
On vient de pêcher le dernier
Des gros poissons de la rivière,
Il n’en est plus dans les viviers,
On les a tous mangé hier.
On vient de tuer le dernier
Des animaux de la planète,
Pour une tiare de lauriers,
Au stand de tir de cette fête.
On a extrait le tout dernier,
Il était pur ce minerai
Qui nous donnait un bon acier,
Qu’on vendait bien, qui rapportait.
On vient de remplir le dernier,
Y a plus de prix pour le baril,
A quoi pensaient ces financiers
Qui de face ne voient que pile !
On vient d’arracher le dernier
Pour spéculer sur du terrain,
Il ne restait que ce seul pied,
Pour nous donner un si bon vin.
On vient de nommer le dernier
Des managers de notre terre ,
Il est très fier, c’est le premier !
Il en oublie jusqu’à sa mère !
On est arrivé au dernier,
Au dernier jour de ce vieux monde,
L’argent il faut vite l’apprécier,
J’entends déjà le choc de l’onde !
Décembre 2007