Dans le petit confort de mon merveilleux moi,
Je regarde le monde avec mes yeux d’en haut
Et pour tous ceux d’en bas, je n’ai plus en émoi,
Que ce que Paris Match, me fait voir en photos.
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J’ai pris de l’altitude, au-dessus de la couche,
Car après les nuages, il fait toujours très beau,
Ainsi des bruits d’en bas, plus aucun ne me touche,
Je suis de ces élites, qu’on dit être bobos.
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C’est dans les beaux quartiers des grandes métropoles,
Dans des lofts rénovés, que j’ai mon pied à terre,
Je ne mange que bio et mon cholestérol
Et mon hypertension, restent encore un mystère.
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Je ne voyage plus qu’en first et qu’en Uber,
J’ai vidé mes livrets, pour gagner à la bourse,
Voulant de l’avenir, la crémière et le beurre,
Pensant bien dès demain, voir ça de la grande ours.
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Et je ne côtoie plus que tous ceux de mon rang,
Ceux qui ne sont pas rien et non tous ces feignants
Qui en ce nouveau monde sont si désespérants
Tant ils n’ont pas compris qui en sont les gagnants.
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Je suis un citoyen de cet ordre nouveau
Qui veut comme jadis reconstruire Babel,
En laissant les Nations à ces hordes de veaux,
Justes bons à payer la taille et la gabelle.
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Je cherche un peu partout les déductions fiscales,
En Suisse, au Luxembourg, j’ai ma seconde banque,
Des réductions d’impôts, j’en ai la martingale
Et pour de l’évasion, j’en connais bien les planques
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Mais j’ai quand même une âme et pour le téléthon,
Pour les flux de migrants, les restaurants du cœur,
Je ne rechigne pas, de deux ou trois biftons,
A payer mon écot, pour donner du bonheur.
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Alors aux élections, quand par félicité,
On me met un banquier, pour guider la Nation ,
Je remercie les dieux, voyant ressusciter
Ces merveilleux moments d’avant révolution,
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Et son joli cortège où sont les privilèges…
Avril 2018