On dit bien qu’il n’y a pas d’âge
Pour l’amour et sa volupté,
Pourtant c’est souvent un voyage
Qu’on remet soixante ans fêtés.
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Comme si on était trop vieux,
Qu’on voulait refermer la porte,
Qui dans nos ventres et dans nos yeux ;
Plein de papillons, fait en sorte …
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Comme si on ne voulait plus,
Dans nos jardins sentir des fleurs
Tous leurs parfums quand il a plu
Et que le soleil est à l’heure.
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Comme si on avait trop peur,
De ne pas tenir la distance,
De s’enliser dans la torpeur
Du bien être de cette étance.
*
Comme si on avait tous lu
Au dos la date de péremption
Et que pour des jours révolus,
On niait cette exaltation.
*
Comme si on manquait d’aplomb
Dans la teneur de notre corps
Et que de l’or changé en plomb,
Il nous prive de ses encore.
*
Comme si on avait fermé
La soupape de nos envies,
Ne sachant plus s’enthousiasmer
Pour tous les plaisirs de la vie.
*
Comme si de nous sentir nu
Contre un tout nouveau grain de peau
Nous confrontait à l’inconnu
Des Incas et de leurs quipos.
*
Comme si on avait fait tilt
Lors d’une partie de flipper
Et que l’ardeur, là sous nos kilts
Ait la marque du vieux campeur,
*
Nous faisant crier c’est assez !
Pour n’en parler plus qu’au passé …
Avril 2018