Non, bien sûr je ne peux, te promettre la lune,
Pas même notre terre et ses belles forêts
Et je suis désolé, de causer d’infortune
Mais nous ne sommes plus, aujourd’hui sur l’adret.
*
Tu vas venir, mon fils, parce qu’il le fallait,
Mais tu vas bien le voir, ce n’est plus là l’Eden,
Il n’y a plus ici, que pauvres et valets,
En marche et tous au pas, derrière la Golden.
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Ne te fais pas d’idée, surtout sur le travail,
Ça fait déjà longtemps, qu’il n’en existe plus
Et pas plus sur les fleurs, n’en cherche plus l’aiguail,
Même au petit matin, si un jour il a plu.
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Quant aux vertes prairies et aux bruits des torrents,
Lorsque tu seras là, pour t’endormir le soir,
Je te raconterai les mots de mes parents,
Qui m’en parlaient encore avec un peu d’espoir.
*
Pour l’eau, ne t’en fais pas, Nestlé nous la contrôle
Et pour un peu moins cher on a un bon Coca,
Pour l’air c’est tout pareil, hormis pas mal d’envols
De mercure et de plomb, mais on n’en fait plus cas !
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Tu vois, mon bon petit, tu es bien attendu
Et si de pas grand-chose, en sachant t’en passer,
Tu n’es pas exigeant, n’attendant pas ton dû
Tu verras que très vite on en a bien assez !
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Des années à venir, il ne faut rien attendre,
L’oligarchie du fric a fait une O.P.A
Sur toute la planète et ce qui peut se vendre…
On t’attend tous ici pour tes tous premiers pas ;
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Car même des enfers, on finit par s’y faire …
Avril 2018
Photo: Patrick Wecksteen ; modèles: Flo et Fab