Mes mains ont tant touché de prairies, de jardins,
Qu’elles ont oublié les odeurs de la rue
Tremblant juste à l’idée de pouvoir un matin
Caresser le satin d’une belle ingénue.
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Mes mains ont tant de fois dissimulées mes yeux
Pour ne pas voir la vie balancer ses horreurs
Qu’elles sont aujourd’hui tel ce vitrage crasseux
Derrière lequel s’enfuient tous ces pervers voyeurs.
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Mes mains ont si souvent désigné de coupables,
Noyées de certitudes et de fausses raisons
Qu’elles ne pensent plus à être charitables,
Ne croyant plus du tout aux mots des oraisons
*
Mes mains ont tant volé de fausses vérités,
Déformant des propos, se justifiant de faux,
Qu’elles ont des jongleurs la vraie dextérité,
A vous donner du pain en guise de gâteau.
*
Mes mains ont serré tant et tant d’autres mains,
De l’étau qui vous broie, à la limace immonde,
D’un simple affleurement, à la sortie de bain,
Qu’elles jugent les siens, ce jour en deux secondes !
*
Mes mains ont tant servi à me faire comprendre,
A expliquer, à dire, à vous faire sourire,
A montrer à certains le feu là sous la cendre,
Qu’elles en ont assez aujourd’hui de mentir
*
Mes mains ont tant fouillé de paradis perdus,
De forêts tropicales et d’iles presque vierges
Qu’elles n’en peuvent plus de ces sous-entendus
Criés sur tous les toits par ces voix de concierges
*
Mes mains ont envahi tellement de corsages
Arrachant des soupirs et même parfois pire,
Allant jusqu’à leur faire découvrir en voyage
De ces exclamations, mentionnant le plaisir.
*
Mes mains ont apprécié tant de si beaux vélins,
Aux épairs transparents, unis, ou même teints
Sur lesquels j’ai écrit de si jolis quatrains,
Que je n’arrive plus à douter d’une fin!
*
Mes mains ont imploré le ciel et tous ses dieux,
Pour qu’on ait ici-bas toujours bien plus d’amour
Pour que les uns, les autres, on s’aime jeunes ou vieux,
Mais elles n’ont eu qu’un doigt en unique retour.
*
Me disant du clocher , d’aller me palucher …
Mars 2018