Mon cœur a pris la route au loin des terres australes,
Armé d’un seul sextant pour héler les étoiles,
N’ayant en direction qu’un cap azimutal,
Ne demandant aux dieux que du vent pour ses voiles.
Il a vu du pays, des îles enchanteresses,
Des baies de sable noir, de beaux fruits défendus,
Des hibiscus orange, et de jolies faunesses,
Lui donnant l’illusion du paradis perdu
Il a trouvé de l’or et perdu sa chemise,
Cru en des certitudes, eut quelques convictions,
Trouva des occasions et connu bien des crises,
Mais jamais ne voulu manquer de compassion.
Et quand de sa dunette, aux clapotis des vagues
Il veut l’ultime port, et sa dernière amarre,
Son imagination se prend dans les madragues
De ses hésitations où partout il s’égare !
mai 2008