Jusqu’à maudire les horloges
Et leurs aiguilles paresseuses,
A espérer qu’on les déloge
De leur ronde si ennuyeuse.
*
A vouloir que les autres heures,
Soient remplacées par des secondes ;
Que tout ce temps, devienne leurre
Et que sa loi, le dévergonde.
*
A vouloir déjà qu’on y soit,
Mettant le futur au présent,
A penser que c’est de la soie
Qu’il faut sortir le cours des ans.
*
A être incertain de tenir,
A exiger du tout de suite,
A demander à l’avenir
D’arrêter de prendre la fuite ;
*
A crier que c’est le moment
Là sans délai et très très vite,
En n’ayant pas d’apitoiement,
Pour toute chose non subite.
*
A n’avoir jamais à attendre,
A ce que ce soit déjà là ;
La peau de l’ours déjà la vendre
Avant qu’il soit dans l’au-delà.
*
A savoir si anticiper
Que c’est déjà fait même avant ;
Qu’on a déjà participé,
Même avant ceux qui sont devant.
*
Qu’on soit tout le temps si pressé
Qu’il faut vite que ça arrive,
Que tout est déjà au passé
Avant d’atteindre l’autre rive.
*
Et n’avoir rien vu de la vie
Tant à ne vivre qu’à l’instant
En n’ayant eu que des envies
Assouvies tout en se hâtant.
*
N’ayant jamais eu de l’attente,
Cette jouissance envoutante …
Janvier 2018