Les hommes sont, madame, un peu comme les carpes,
A ne se faire pécher que par le savoir-faire,
A ne pas succomber aux beaux sons de la harpe,
Mais bien à préférer tous les bruits de l’enfer.
*
Surprenez les d’abord, à petits coups d’esprit,
Prouvant que même blonde, on sait tout de la vie,
Montrez leur bien aussi, que vous avez appris,
Et qu’il y a du fond, derrière vos envies.
*
Excitez tous leurs sens en sentant bon la femme,
Du Dior ou du Guerlain saturez votre corps,
N’oubliez pas les bas; envahissez leur âme
De guipure et de soie, en soignant le décor.
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Caressez leurs fantasmes en vous disant coquine,
Réveillez leurs instincts en jouant de vos seins,
Laissez-les vous aimer jusque dans la cuisine,
Complice devenez de leurs tendres desseins.
*
Sachez de votre bouche, en faire l’instrument
Qui va leur raconter l’histoire du plaisir
Et faites de vos mains leurs plus beaux des moments,
Où ils pourront toucher le graal de leur désir.
*
Des lois de quelques doigts, emmenez les au ciel,
Laissez sur votre peau éclore des frissons,
Offrez à leurs besoins, le plus et l’essentiel,
N’enfermez pas l’amour dans des rêves sans son.
*
Donnez-leur l’impression qu’ils sont maître du jeu,
Quand vous savez du temps en maîtriser les heures,
Osez leur faire croire, que le feu c’est bien eux,
Même si c’est à deux qu’on trouve le bonheur.
*
Et rassurez les bien, quand des jours de pétole,
Il leur faut à la rame être un peu à bâbord
A se croire aux Glénan sur les bancs de l’école
En faisant comme si au port on est encore.
*
C’est là toute la clé qui fait marcher les hommes,
Expliquant le pourquoi d’Adam, d’Eve et la pomme …
Décembre 2017
Photo Patrick Wecksteen ; modèles Tess et Frédéric