Que nous aurais-tu écrit, Jean ?
Qu’auraient bien pu être tes mots ?
Si dans ce monde de l’argent,
Tu en voyais, ce jour, les maux ?
*
Je suis certain que pour le dire,
Tu pourrais même les twister,
Tant tu aurais pu le prédire,
En ayant autant résisté.
*
Toi qui donnais du camarade,
En trouvant ton pays si beau,
Quelle serait donc ton aubade,
A tous ces nouveaux collabos.
*
Et en perdrais-tu la raison,
De voir ainsi traitée ta France,
Quand vient d’arriver la saison,
Où se multiplie la souffrance.
*
Ouvrirais-tu cent fois les bras,
A tous ces gens de la finance,
Qui à la façon des cobras,
Nous contraignent à leur gouvernance.
*
Aurais-tu pour Napoléon,
Les sentiments de Joséphine,
Sachant qu’en dehors des néons,
Leur chef est un nouveau Staline ?
*
Oserais-tu là dans la glace,
En chantant que c’est beau la vie,
Ne pas avoir une grimace
Pour cet univers de survie ?
*
Je suis sûr qu’avec Aragon,
A ce silence de la ville,
Vous seriez sortis de vos gonds,
Pour tous les traiter d’imbéciles.
*
Et où sont tous vos descendants ?
Ces intellos, jadis si proches
Des travailleurs et des sans dent,
Qui de Paris, aidaient Gavroche.
*
Est vrai que dans ce nouveau monde,
Où voyagent les libertés,
Vous auriez pu ressentir l’onde
Qui allait tous nous emporter.
*
Mais n’étant pas peintre et maçon,
Ils auraient peur de vos chansons
Et de leur système à la con,
Ils changeraient surement le son.
*
Tous les deux, Aragon, Ferrat,
Si aujourd’hui vous étiez là,
Peut-être verrions-nous ces rats,
Ne pas oser donner ce la,
*
Tant avec vous, en vingt et cent,
Nous serions bien moins innocents …
Août 2017