Nous sommes en train de te tuer,
Nous t’avons mis à l’agonie,
La mise à mort a commencé,
On sent bien tous que c’est fini.
Tu étais pourtant si jolie
Avec tes rondeurs et tes formes,
On dirait du Botticelli
Cette beauté si peu conforme
Qu’as tu fais pour mériter ça ?
Tu n’avais rien fait à personne,
Pourquoi te vouloir en deçà ?
Toi qui n’a rien d’une gorgone.
Tu nous aimais tels tes enfants
Nous donnant plus que notre du,
Nous, nous étions tous tes amants
Jamais contents, jamais repus.
Ta vie à tous appartenait,
Tu étais à notre merci,
Pillée, violée, sous le harnais
Tu vieillissais, étant meurtrie.
On vivait à coté de toi
Sans plus te voir, sans t’écouter
Tels ces vieux couples qui parfois
Ont décidé de s’ignorer.
Pourtant un matin de froideur
Il a fallu qu’on se réveille,
T’avais peut être oublié l’heure,
Ou étaient passées tes merveilles ?
Tu n’avais plus rien à donner,
Ton cœur, tes mains étaient si vides
Qu’on ne pouvait s’imaginer
Que tu sois un jour insipide.
Quand nous avons réalisé
Il était déjà bien trop tard,
On a commencé à manquer,
Juste avant ce foutu cauchemar.
Nous sommes vraiment partis de paire
Dans un immense éclair tout blanc,
Car on te spoliait, notre terre,
Depuis bien plus que deux mille ans
mai 2007