Par derrière, elle s’insinue,
Sans vraie raison, sans sélection,
Dans un contexte inattendu,
Te prenant toutes tes passions.
*
Tout d’abord sourde , intermittente,
Elle te gagne, et t’envahit,
Te faisant glisser sur la pente
Du temps d’horreur, des jours maudits.
*
Extirpant de tes yeux des larmes,
Anesthésiant ta volonté,
Devenant le signal d’alarme
Du mal qui vient de s’inviter.
*
Gommant de ta vie chaque nuit,
Peignant des creux sur ton visage,
Aux couleurs du noir et du gris,
Elle devient ton seul bagage.
*
Hypnotisé par ce serpent,
Lové à l’intérieur de toi,
Tu ne prends même plus le temps
De penser à quoi que ce soit !
*
Ses crocs agrippés à ta chair,
Pourrissant toute ta matière,
Ne laissant plus rien en jachère
Dans ton jardin, hors tes prières !
*
Et son venin qui te « percolle »
A travers tes souffles de vie,
Te met déjà la clé de sol
Du final de ta symphonie.
*
Enveloppé dans ta souffrance,
Aphone d’avoir trop crié,
Exténué, le corps en transe,
Tu voudrais bien t’en libérer.
*
Mais la morsure a la vie dure
Quand elle tient là une proie,
Et c’est bien sur, sur ta figure,
Qu’elle sait te montrer du doigt !
*
Et quand, shooté à la morphine,
Tu trouves un tout petit répit,
Elle reste là et te fascine,
Te regardant dans ton dépit !
*
Oh ! Toi qui souffre dans ton corps,
Au-delà de l’insupportable,
Tu sais que nous n’aurons pas tort
De t’offrir l’acte charitable !
*
février 2008