Tout ce goudron à ses semelles,
Tous ces feux rouges à ses envies,
Tous ses faux-pas et ses gamelles,
Tous ces « faut pas » là dans sa vie.
Toutes ces croix, là sur son dos,
Tous ses « je crois ! » dans ses prières,
Tous ses espoirs d’Eldorado,
Tous ses voyages d’avant-hier.
Toutes ses vagues d’amertume,
Tous ses airs de désillusions,
Toutes ses rédemptions posthumes,
Tous ses mots pleins de dérision.
Tous ces succès tout en excès,
Tous ses inscrutables poèmes,
Toutes ses portes, sans accès,
Tous ses non-dits dans ses je t’aime.
Tous ses concertos pas finis,
Tous ses romans au mot qui ment,
Tous ses désastres que l’on nie,
Tous ses amours sans sentiment.
Toutes ses symphonies sans corde,
Tous ses actes sans plus d’éthique
Tous ses vœux de miséricorde,
Toutes ses valeurs en plastique.
Tous ses crédos de vieil ado,
Toutes ses causes bien moroses,
Tous ses soucis de libido,
Tout ce pourquoi jamais il n’ose.
Tous ses regrets, tous ses refus
Et tout ce temps qui compte tant,
Qui font que cet homme confus,
On finit par l’aimer, pourtant !
Juin 2015