Elle s’est envolée ma muse,
En enlevant de mon stylo,
Toute son encre, sans excuse,
La remplaçant que par de l’eau.
Elle m’a pris jusqu’à mes mots,
Me dépouillant de tous mes vers,
Me la jouant dolcissimo,
En bousculant mon univers.
En prenant mon dico de rimes,
En me confisquant ma mesure,
Elle m’a transformé en mime,
N’ayant plus besoin de censure.
C’est que je n’ai pas su l’aimer,
Celle peinte par ce Vouet,
A trop vouloir faire rimer,
L’amour et la joie d’un jouet.
C’est que la croyant toute à moi,
A l’avoir seule sous ma main,
Je n’ai pas vu tout son émoi,
A l’appâter de mes demains.
Et devant tout ce papier blanc,
Aujourd’hui je me désespère,
En tentant de faire semblant
De conserver tous mes repères,
Quand je sais manifestement,
Qu’ici même à moi, je me mens
Juillet 2016
Photo de Patrick Wecksteen