Quand demain, notre beau pays,
Ne sera plus rien que son ombre,
Rempli de friches et de taillis,
Dans un ciel devenu bien sombre.
Quand la beauté et l’élégance,
Devenues péché capital,
Auront pris les sales fragrances,
Des excès du monde oriental.
Quand on aura détruit les croix
Et enflammé tous nos bouquins
Et qu’il faudra dire qu’on croit,
Dans d’autre et d’ailleurs saint frusquin.
Quand on nous prendra nos dimanches,
Pour en faire des vendredis
Et que comme une vraie revanche,
Partout seront des interdits.
Quand même au fond de nos assiettes,
Mais aussi au fond de nos verres,
Il faudra mettre aux oubliettes,
Tout ce qu’on chantait dans nos vers.
Quand là-haut sur le sacré cœur,
Pousseront quelques minarets
Et qu’au nombre, alors les vainqueurs,
Auront mis l’Europe à l’arrêt.
Quand notre belle tour Effel,
Ne s’illuminant plus qu’en noir,
Aura même perdu ses ailes,
Aux versets de leurs laminoirs ;
Quand de notre démocratie,
Prise par des ayatollahs,
On enlèvera tous les si,
Pour les remplacer par leur la ;
Et quand tous ceux qui nous gouvernent,
Nous diront qu’ils ne savaient pas
Et qu’ils ont ouvert la poterne,
Pour faire, au pays, un grand pas,
Nous aurons pris, alors conscience
Qu’on était conduit par des cons,
N’ayant même pas le bon sens,
Pour voir le vert dans leurs chicons.
En mettant le pays au ban,
D’être demain l’autre Liban …
Juillet 2016