Je suis comme un soldat qu’on aurait privé d’arme
Sur un champ de bataille où crache la mitraille,
Je suis comme un enfant qui n’aurait plus de larme,
Quand de trop de sanglots, partout ça le tiraille.
Je regarde le monde activer son destin,
En inventant ce qui le détruira demain
Et j’entends les tambours, déjà là au matin,
Quand pour tout arrêter, je n’ai que mes deux mains.
Je sens monter la haine, où s’enflent les nuances,
J’entends des pas de l’oie, qui croissent à d’autres choix
Et je perçois des voix prêchant l’intolérance ;
Et devant ces signaux, aux formes déjà vues,
Annonçant l’avenir aux tons des feux grégeois,
Je n’ai plus que mes vers, tant tout est là prévu,
Attendant le malheur comme défile l’heure …
Juillet 2016