Nous attendons béats, au bord de la crevasse,
En faisant comme si, nous ne le savions pas
Et nous nous racontons, oubliant la menace,
Que pour aller plus loin, il suffit d’un seul pas.
Sous couvert de progrès, nous faisons une course,
Qui à chaque avancée, nous raccourcit le temps
Et en perdant au ciel le nord de la grande ourse,
Nous ne comprenons pas qu’il est loin le printemps.
Les violons de l’automne au son du numérique,
Nous jouent des crépuscules, où personne ne voit,
Du second mouvement, la croyant, héroïque,
Que la marche funèbre est déjà sur sa voie.
Alors on continue à débiter du bois,
A polluer les sols et à vider la mer
Et sans même un instant, se vouloir aux abois,
On laisse à nos enfants tout le poids de l’amer.
Nous profitons d’un bien, n’étant que locataire
Comme si il était notre propriété
Et nous nous conduisons comme de vrais hastaires,
Sans voir qu’il est déjà, mis au mont de piété,
Eternels égoïste d’un avenir bien triste !
Juin 2016