Les mots ne sont que protection,
Pour se donner bonne conscience,
Souvent des justifications,
Au seul besoin de résilience.
Pour moi le verbe ne s’entend
Que lorsqu’il vous met en danger
Et non pas quand il sous –entend,
Qu’il ne faudrait pas déranger.
J’aime quand il y a du risque,
Quand on ose pousser des portes
Quand dans la phrase, un astérisque,
Y va d’infos, pas de mainmorte.
Je sais apprécier les aveux,
Les confessions ; les confidences
Et adore ceux qui de vœux,
Savent aller jusqu'à l’imprudence ;
J’ai besoin de voir dans un texte,
Comme le fait la stripteaseuse,
Beaucoup plus loin que son contexte,
Quelques actions voluptueuses ;
Je voudrais que sous les stylos,
On ose tous se foutre à poil
Et que sans aucun trémolo,
On puisse rédiger sans voile.
A défaut de ce naturisme,
De cette peur de la violence
Et ce besoin de conformisme,
Mon choix va, bien sûr, au silence...
Juin 2016