Comme on les a parquées, depuis la nuit des temps
Dans des champs d’herbes folles où pousse de l’ortie,
Comme on les a privées, d’été et de printemps,
Ne leur donnant jamais, leur billet de sortie ;
A ne jamais les voir comme l’un d’entre nous,
A même avoir douté qu’elles aient eu une âme,
A les avoir voulues toujours à nos genoux,
On les a mises à part, en les traitant de femmes.
A avoir toujours cru qu’on nous les a données
Que pour notre plaisir et contenter nos mains,
Comme propriété que l’on peut aliéner,
Sans voir qu’elles étaient nos survies de demain,
En les habillant d’or, pour les mettre à nos bras,
En les déshabillant, pour nous faire plaisir,
On se conduit tels ceux, qui hier à l’Alhambra,
Leur ont mis des niqabs pour masquer leur désir,
En ne les regardant rien que comme des ventres
A nous donner des fils, pour notre descendance
Et en ne sentant pas qu’elles sont l’épicentre,
Du tremblement de terre où déjà tous on danse,
Nous passons à côté de notre survivance,
En n’imaginant pas ce qu’elles ont à donner,
Nous laissons là passer notre dernière chance,
Qu’on puisse encore ici, un jour nous pardonner,
D’avoir nié que l’homme a seul mangé la pomme …
Mai 2016
photo de Patrick Wecksteen
Modèle Méla Niiy