Ils n’ont pour leur pays, que colère et que haine,
Ils rêvent à autre chose et se sentant à part,
Voudraient, bien tout casser avant leur grand départ,
Croyant que c’est par là, qu’ils briseront leurs chaines.
Et avec l’utopie de leurs moins de vingt ans,
Avec tout ce qu’on n’a pas su leur inculquer,
Ils se voient déjà là, empressés sur un quai,
A prendre le bateau au demain, plus disant.
C’est qu’à cet âge-là, l’absence de racine
Et l’idée qu’on se fait de ce qu’on croit connaitre,
Fait qu’on pense qu’ailleurs, on pourrait bien renaître,
Là-bas où on leur doit leur bon droit de saisine.
Alors pour conforter toutes ces illusions,
On se trouve une cause et ce qui va avec,
Un bon dieu et ses saints et leurs salamalecs
Pour mettre un peu de sens dans cette dérision ;
Et c’est avec bonheur qu’on les voit tous venir,
Cette chair à canon, pleine d’aberrations
En soldat d’infortune à l’imagination,
Où c’est dans l’explosion qu’est tout leur avenir.
Et pendant ce temps-là, ceux de la république,
Ayant fait ces enfants, n’ont toujours pas compris,
Pourquoi c’est aujourd’hui qu’on en paye le prix,
De leur incompétence aux-dessous angéliques,
N’ayant pas vu plus loin, que le bout de leur groin …
Mai 2016