Que dirais-tu de cette main
Qui te rappelle ce passé,
Où ce n’était pas pour demain,
Tant ce n’était jamais assez ?
*
Souviens-toi ces après-midis,
Où on convoquait le plaisir,
Et que sans aucun mot fut dit
On contentait notre désir.
*
Dans ces siestes d’après manger
Était un tout autre besoin,
Celui peut-être de changer,
Sans pour cela aller bien loin.
*
Te rappelles-tu nos étreintes
Où n’était plus de retenue,
Où d’une pudeur pas trop feinte
Il était si bon d’être nu.
*
N’as-tu pas oublié ma bouche
Qui là tout en bas de ton ventre,
Se faisait par petites touches,
De ton plaisir son épicentre.
*
Et de ma langue, souviens toi,
Quand tu criais que c’était trop
Et que tes mots de tant d’émoi
Finissaient tous en allégro.
*
As-tu toujours en souvenirs
Ce que te racontaient mes doigts
En t’indiquant que le plaisir
A lui aussi ses propres droits.
*
Mais que s’est-il donc bien passé,
Pour que finisse cet été,
Comment a-t-on pu se lasser
Allant jusqu’à tout arrêter ?
*
Faut-il que cesse le bonheur,
Pour en prendre vraiment conscience,
Ou serait-il comme ces heures,
A s’égrener plein d’impatience ?
*
Faisant toujours du temps présent
Ce si éphémère présent.
Août 2025