Faut-il que tu sois malheureux
Pour un jour quitter ton pays ;
Surtout afin d’aller chez ceux,
Que tes parents ont tant haï.
*
Vois-tu tous ces colonialistes
Qui voulaient leur voler leur terre,
Auxquels il fallut qu’ils résistent
En se battant jusqu’à la guerre.
*
En allant chez eux tout là-bas,
Tu vas trahir tous tes anciens ;
En retournant ta djellaba,
C’est comme abandonner les tiens !
*
En laissant ici tous tes frères
Tu seras tels ces déserteurs
Qui se jouant filles de l’air,
Se veulent simples spectateurs.
*
Tu choisis la facilité
En renonçant à ta patrie,
Croyant trouver la liberté
Quand tu n’en seras que meurtri.
*
Pour la somme de ton passage,
Trouve toi un petit business,
Epargne toi donc ce voyage
Qui va te prendre ta jeunesse.
*
Investis là dans ta Nation,
Invente-toi un vrai projet,
Autre que l’imagination
D’une vie là-bas qu’hors sujet.
*
Ne sois pas l’un de ces ovins
Voyant ailleurs l’herbe plus verte
Qui errera toujours en vain
Attendant une porte ouverte.
*
La chance est maintenant chez toi,
Là-bas ce n’est plus un empire
N’attends pas qu’il te donne un toit
Il n’a pour toi rien que le pire.
*
Ne cherche plus l’Eldorado
Sur l’autre rive de la mer,
N’y sont plus là les commodos
Qui réglementaient hier l’amer.
*
C’est ici, en bas de chez toi
Que va se jouer le futur,
Ne te trompe pas de convoi
Et choisis bien ton aventure,
*
Au lieu d’aller prendre des baffes,
Pour des aumônes de la CAF…
Avril 2025