Ce monde est une course, où tout passe si vite,
Qu’on a cette impression d’être sur un circuit,
Où on voit que la vie se joue à double ou quitte,
Alors que dépassé, on sait que l’on est cuit.
*
On sent rapidement, après cette euphorie
Du temps de la retraite et de ses illusions,
Qu’on ne va pas pouvoir, dans ce perdu pari,
Rester dans l’échappée, où courent les champions.
*
Et même après des tours, là dans le peloton,
Nous maintenant en queue, c’est presqu’à la ramasse,
N’étant plus dans le coup et les jambes en coton
Qu’on sait que l’on n’est plus, que de la biomasse.
*
A rouler là devant la voiture balai,
N’ayant plus l’ambition que d’être la lanterne
Et de pouvoir encor rentrer dans les délais,
On sent qu’à l’arrivée, ça risque d’être terne.
*
On ne peut pas avoir, été et être encore
Nous dit bien le proverbe ; et même les idoles
Finissent-elles aussi dans ce triste décor,
Car pour elles c’est pire, en quittant l’Acropole,
*
Tant c’est tel en maudits qu’ils fuient le paradis
Pour voir ce qu’en enfer, ils vont bien pouvoir faire !
Mars 2025