Quand tu sais qu’à la statistique,
Il te reste à vivre dix ans,
Tu arrêtes sur l’élastique,
De le tirer au mieux disant.
*
Tu sais que chaque jour qui passe,
Au déclin du compte à rebours
Te rapproche du mont Parnasse,
Tant tu en es dans ses faubourgs.
*
Tout ce qu’il te reste devant,
Par rapport à ce qu’en arrière,
De ce temps où tu es vivant,
A des images de lisière.
*
Mais tu vois déjà la forêt,
Juste après ces taillis de brout,
Celle de ce dernier arrêt
Où est tout ce grand noir du trou.
*
Alors sur la voie qui y mène
En maudissant d’ores et déjà,
Cette occurrence avec les chênes,
Ou tu t’enivres de jaja,
*
Ou sur les bords de ce chemin,
Tu cueilles une à une les fleurs,
En ne pensant plus à demain,
Sans jamais regarder les heures.
*
Ainsi quand tu seras au breuil,
N’ayant pas vu le bois venir,
Tu n’auras pas vécu le deuil
De ce temps qui devait finir,
*
Et tu auras mieux profité
De ces jours de caducité …
Août 2024