Passé les soixante ans, l’amour se peint pastel,
Finis les rouges vifs, les bleus sans aucun voile
Et de ces toucouleurs leurs palettes arc en ciel,
Quand même le papier a supplanté la toile.
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C’est là tout un autre art, ni plus bas, ni plus haut,
Où à les comparer on n’a que des regrets,
En pensant qu’on a mis dans son vin beaucoup d’eau
Et que c’est l’échéance, avant d’être à l’arrêt.
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Mais c’est là qu’on se trompe avec tous ces clichés,
Dans ce monde de jeunes où n’est plus que prouesses,
Où il faut que ça coule, ayant pour la psyché
Que le mépris du temps et l’envie de vitesse.
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Le sexe des seniors n’est que raffinement,
Cadeaux et attentions offerts là en partage,
Où devant tant d’acquis, personne ne se ment
Et où seul le plaisir finit d’oublier l’âge.
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C’est l’instant où on sait donner du temps au temps,
Où on montre du doigt sans en être impoli
Et où de notre langue, on fait don tout autant
Avec des mots choisis qu’on n’entend pas au lit.
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C’est aussi le moment où l’onde d’un corsage
A sur vous des effets de paradis perdu
En vous faisant rêver à ne plus être sage
Et à vous régaler de ce qui vous est dû.
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Mais c’est aussi la page où pleins et déliés,
Sur du vélin sans ligne ,ont beaucoup d’importance,
Montrant qu’on est vivant, que rien n’est oublié
Et qu’il faut s’appliquer jusqu’à la jouissance,
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Des fois que la coquine soit bien pour vous, l’ultime !
Mai 2024