A ce printemps de mon automne,
Je sens venir tout cet hiver
Qui de ses demains monotones
Mettra ma vie bien à l’envers.
*
J’ai bien moins d’énergie qu’avant,
Me laissant aller aux courants
D’air, de ce moulin à vent
Qui même plus ne me surprend.
*
N’est plus parfait mon équilibre
Me montrant bien la gravité
Que seuls aujourd’hui les félibres
Appellent toujours liberté.
*
Mes mains elles aussi bien moins,
Sont, c’est certain, plus si adroites,
Quant à ma vue, celle de loin,
Elle ne voit plus tout à droite.
*
Et de mes articulations,
Imaginez donc leur état,
M’épargnant les génuflexions
Devant tout et même l’Etat.
*
Et si ma tête va moins vite,
Pouvant souvent chercher ses mots,
Mes vers toujours en double ou quitte
Mettent le doigt sur tous nos maux.
*
Quant à ma sexualité,
Si souvent ce jour au point mort,
Elle a fait de la qualité,
La quantité en oxymore.
*
Alors si de cette vieillesse,
On la voit bien comme un naufrage,
Heureusement de la sagesse,
Elle sait profiter de l’âge,
*
En se racontant des histoires
Où est encore un peu d’espoir …
Mars 2024