Mais pourquoi nous en parlons tant
De tous ces affres du passé
Comme si on voulait du temps,
Au grand jamais les effacer ?
*
Pourquoi soufflons-nous sur les braises
Au risque de les rallumer,
Quand tout voudrait, que l’on se taise,
Pour ces horreurs les refermer.
*
On nous dit que c’est par devoir
De mémoire, afin que jamais
On fasse fi de ce savoir,
Pour oser l’évoquer en mais ?
*
Mais ce n’est pas la vérité
De laisser vivre cette haine
Dans un souci de liberté
A l’effroi de croque mitaine,
*
N’est-ce pas là plutôt un leurre,
Pour marquer une différence,
Alors que c’est à la même heure,
Qu’on met le pays au silence ?
*
Car à part tous ces miradors,
Ces barbelés, ces crématoires,
C’est au même confiteor,
Qu’est géré notre territoire.
*
Il faut donc noyer le poisson,
Pour qu’on ne voit pas le retour
Des bottes grimées en chaussons
Qu’ont enfilées tous ces vautours,
*
Pour peindre en brun le bien commun !
Février 2024